Votre entreprise possède un site internet, une page LinkedIn, une identité de marque bien définie et peut-être même une stratégie de contenu déjà en place. Mais si je demande à vos prospects qui se cache derrière votre entreprise, est-ce qu’ils sauront me répondre ?
C’est une question intéressante, parce qu’en B2B, on accorde souvent beaucoup d’importance à la communication de l’entreprise, mais parfois moins à celle des personnes qui la dirigent.
Pourtant, derrière une entreprise, il y a des personnes, des expériences, des convictions et une manière de voir les choses. Et ce sont justement ces éléments qui peuvent faire la différence lorsqu’un prospect cherche à comprendre à qui il a affaire.
C’est tout l’intérêt du personal branding B2B : permettre à un dirigeant de développer sa réputation professionnelle tout en contribuant à la visibilité et à la crédibilité de son entreprise.
Mais concrètement, pourquoi un CEO ou un fondateur aurait-il intérêt à prendre la parole ? Et est-ce vraiment utile quand son entreprise communique déjà ?
Qu’est-ce que le personal branding pour un dirigeant B2B ?
Le personal branding, ou marque personnelle, consiste à construire et à développer une réputation professionnelle autour de son expertise, de son parcours, de ses convictions et de sa manière de travailler.
Pour un dirigeant B2B, l’objectif n’est pas forcément de devenir une personnalité connue ou de raconter sa vie sur les réseaux sociaux. Il s’agit plutôt de rendre visible la personne derrière la fonction, et de montrer ce qu’elle apporte à son entreprise.
Un dirigeant peut par exemple partager son analyse d’une évolution du marché, expliquer les décisions qui ont orienté le développement de son entreprise ou apporter son regard sur les problématiques rencontrées par ses clients.
Ce sont des prises de parole qui permettent de comprendre sa vision, son expertise et parfois même sa personnalité, sans nécessairement entrer dans sa vie privée.
Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, le personal branding ne se limite pas à publier sur LinkedIn. Il peut aussi se développer à travers des conférences, des interviews, des podcasts, des articles ou simplement la manière dont une personne intervient dans son secteur.
L’idée n’est donc pas d’être visible pour être visible, mais de construire une réputation cohérente avec ce qu’on fait réellement.
Pourquoi le personal branding est-il intéressant pour un dirigeant et son entreprise ?
1. Humaniser l’entreprise et lui donner une voix identifiable
Une entreprise peut avoir une communication très professionnelle, un site parfaitement construit et des offres bien présentées, tout en restant assez impersonnelle.
C’est particulièrement vrai en B2B, où les entreprises utilisent souvent un langage institutionnel et des messages qui finissent par se ressembler.
Le dirigeant peut apporter autre chose : une voix, une personnalité, un point de vue.
Prenons l’exemple d’une entreprise de conseil en transformation digitale. Sur sa page LinkedIn, elle peut présenter ses services, annoncer de nouveaux projets ou partager des actualités sectorielles.
Son dirigeant, lui, peut expliquer pourquoi certaines transformations échouent selon son expérience, raconter ce qu’il a appris en accompagnant ses clients ou partager une conviction sur l’évolution de son métier.
On parle toujours de la même entreprise et du même secteur, mais pas de la même manière.
La communication corporate présente l’entreprise. La prise de parole du dirigeant permet aussi de comprendre les personnes et la vision qui la font avancer.
Et dans des secteurs où plusieurs prestataires proposent des offres assez similaires, cette dimension humaine peut contribuer à la différenciation.
2. Rendre visible une expertise qui ne ressort pas toujours dans la communication corporate
Quand on dirige une entreprise, on accumule souvent une quantité impressionnante d’expériences, d’observations et de connaissances sur son marché.
Le problème, c’est qu’une grande partie de cette expertise reste invisible.
Elle ressort pendant les rendez-vous clients, les échanges commerciaux, les réunions ou les discussions avec des partenaires. Mais elle n’est pas forcément exploitée dans la communication de l’entreprise.
C’est dommage, parce que ces réflexions peuvent justement intéresser les personnes que vous cherchez à toucher.
Un dirigeant d’entreprise IT peut partager son analyse des besoins qui évoluent chez ses clients. Un fondateur d’agence peut expliquer pourquoi il refuse certaines demandes. Un CEO dans l’industrie peut apporter un éclairage sur les difficultés rencontrées dans son secteur.
Ces contenus ont un intérêt qui dépasse la simple visibilité : ils permettent de montrer comment vous réfléchissez, ce que vous maîtrisez et ce qui vous distingue.
Et c’est aussi là qu’il faut faire attention à ne pas confondre personal branding et production de contenu.
Publier des conseils génériques sur le leadership ou reprendre les dernières tendances de son secteur ne suffit pas forcément à construire une réputation professionnelle intéressante.
Ce qui compte, c’est ce que vous apportez personnellement à la discussion.
3. Développer la confiance avant le premier échange commercial
En B2B, certaines décisions d’achat demandent du temps. Les prospects peuvent comparer plusieurs prestataires, consulter différents contenus, demander des recommandations et chercher à comprendre avec qui ils envisagent de travailler.
La prise de parole d’un dirigeant peut contribuer à cette phase de recherche.
Imaginez un prospect qui découvre votre entreprise, puis tombe sur plusieurs publications de son fondateur. Il y trouve des analyses pertinentes, des exemples concrets et une vision qui correspond à ses propres enjeux.
Quand il prendra éventuellement contact, il n’aura peut-être pas encore toutes les réponses à ses questions, mais il aura déjà une idée de votre manière de travailler et de réfléchir.
C’est particulièrement intéressant pour les entreprises qui vendent des prestations de conseil, des services complexes ou des accompagnements dans lesquels la relation humaine joue un rôle important.
Évidemment, le personal branding ne remplace ni les preuves de résultats, ni les références clients, ni la qualité des prestations. Mais il peut apporter un élément supplémentaire dans la construction de la confiance.
Vous avez une expertise à partager, mais pas forcément le temps de créer vos contenus ? C'est justement l'intérêt d'un accompagnement en personal branding et en ghostwriting LinkedIn : transformer vos idées, vos expériences et votre vision en prises de parole qui vous ressemblent, sans ajouter toute la production de contenu à votre emploi du temps.
4. Créer des opportunités au-delà de la visibilité
Le personal branding peut aussi ouvrir des portes qui ne passent pas directement par une demande de devis.
Une prise de parole pertinente peut attirer l’attention d’un partenaire potentiel, donner envie à un organisateur de vous inviter à intervenir lors d’un événement ou permettre à un futur collaborateur de découvrir votre entreprise.
Elle peut également faciliter certaines conversations commerciales. Un prospect qui suit régulièrement vos analyses aura déjà des éléments pour comprendre votre expertise avant même votre premier échange.
Mais attention à ne pas mesurer l’intérêt du personal branding uniquement au nombre de vues ou d’abonnés.
Un dirigeant peut avoir une audience relativement modeste, mais composée de décideurs, de partenaires ou de professionnels directement concernés par son activité. À l’inverse, des publications très populaires ne se traduisent pas nécessairement par des opportunités business.
La question à se poser n’est donc pas seulement « combien de personnes voient mes contenus ? », mais plutôt « est-ce que les bonnes personnes comprennent mieux ce que je fais et pourquoi elles pourraient me faire confiance ? »
Personal branding et communication corporate : pourquoi les deux doivent se compléter ?
Développer la prise de parole d’un dirigeant ne signifie pas mettre de côté la communication de son entreprise. Les deux ont des rôles différents, et c’est justement ce qui les rend intéressants lorsqu’ils sont bien articulés.
L’idée n’est donc pas de choisir entre les deux, mais de comprendre ce que chacun peut apporter.
Une entreprise de conseil peut par exemple publier une étude de cas sur sa page LinkedIn, tandis que son dirigeant partage les enseignements tirés de ce même projet. Deux angles différents, mais une communication qui reste cohérente.
C’est aussi pour ça que je considère que le personal branding doit s’inscrire dans une réflexion plus large sur la stratégie de contenu de l’entreprise.
Il ne s’agit pas de transformer le dirigeant en panneau publicitaire de sa propre société, ni de lui demander de relayer systématiquement toutes les publications corporate. L’objectif est plutôt d’identifier ce qu’il peut apporter personnellement à la communication, tout en restant cohérent avec les enjeux business de l’entreprise.
C’est d’ailleurs une réflexion que j’aborde dans mon article sur la construction d’une stratégie de contenu alignée sur ses objectifs business. Avant de choisir les formats et les canaux, il faut savoir ce que les contenus sont censés apporter à l’activité.
Faut-il forcément publier sur LinkedIn pour développer son personal branding ?
Non, ce n’est pas obligatoire. Mais si vous êtes dirigeant d’une entreprise B2B, LinkedIn est clairement l’un des premiers canaux que je vous conseillerais d’explorer.
Et pour une raison assez simple : contrairement aux réseaux sociaux davantage orientés vers le divertissement ou les usages personnels, LinkedIn est conçu autour des relations professionnelles.
On y retrouve des dirigeants, des décideurs, des responsables marketing, des commerciaux, des recruteurs et de nombreux professionnels qui viennent aussi pour suivre les évolutions de leur secteur, échanger et développer leur réseau.
C’est donc un environnement particulièrement pertinent pour partager son expertise et entrer en contact avec des personnes qui peuvent avoir un intérêt professionnel pour votre activité.
Mais attention, être présent sur LinkedIn ne veut pas dire publier tous les jours.
Je préfère largement voir un dirigeant partager régulièrement des réflexions intéressantes sur son métier plutôt que publier cinq fois par semaine des contenus génériques simplement pour rester actif.
Et surtout, il n’est pas nécessaire de transformer chaque publication en storytelling personnel. Vous pouvez parler de vos expériences professionnelles, de votre vision, des décisions que vous prenez, des questions que vous vous posez ou des évolutions de votre marché.
Le personal branding n’oblige pas à exposer sa vie privée. Il s’agit de trouver une manière de prendre la parole qui vous correspond et qui apporte quelque chose à votre audience.
C’est d’ailleurs l’approche que j’essaie d’appliquer sur mon propre profil LinkedIn, où je partage mes réflexions sur la stratégie de contenu, le SEO, l’IA et la communication, à partir de mes expériences et de mes convictions professionnelles.
LinkedIn reste donc un levier particulièrement intéressant en B2B, mais ce n’est pas le seul. Selon votre activité, des conférences, des interviews, des podcasts ou des prises de parole dans des médias spécialisés peuvent également contribuer à développer votre réputation.
Le plus important est de choisir des canaux et des formats que vous pourrez réellement investir dans la durée, plutôt que de vous imposer une présence qui finira par devenir une contrainte.
Prendre la parole, oui, mais pour raconter quelque chose qui a du sens
Le personal branding B2B ne consiste pas simplement à rendre un dirigeant plus visible. Son intérêt est de faire connaître une expertise, une vision et une personnalité qui peuvent aussi contribuer à la réputation de son entreprise.
Et pour ça, pas besoin de devenir influenceur, de raconter sa vie ou de publier à tout prix.
En revanche, il faut avoir quelque chose à apporter à la discussion, comprendre à qui l’on s’adresse et savoir ce qu’on souhaite construire à travers sa prise de parole.
Parce qu’au fond, le problème de beaucoup de dirigeants n’est pas qu’ils manquent de choses intéressantes à raconter. C’est plutôt qu’ils ne savent pas toujours comment transformer leur expérience et leurs idées en contenus pertinents pour leur audience.
